Braconnages épistémologiques de l’antiwokisme

Avec Nathalie Grandjean, chargée de cours invitée et assistante de recherche (UCLouvain et UNamur).

Infos & Inscriptions

Quand ? Mardi 17 mars 2026, 10h – 12h30

? Local P61 (Rez-de-chaussée bâtiment Préfecture)
UCLouvain Saint-Louis – Bruxelles
119, Rue du Marias (entrée parking)
1000 – Bruxelles

Inscription : cliquez sur ce lien

Cet article s’inscrit dans une critique de l’antiwokisme. Cette critique présuppose que le terme « woke » ne désigne la réalité d’un mouvement social structuré, d’un système de pensée voire d’une idéologie (Valentin 2021), d’une religion (Braustein 2022) ou d’un totalitarisme (Heinich 2023) qu’à travers les yeux de celles et ceux qui en dénoncent le danger. Bien plus, malgré les origines militantes du terme aux États-Unis, les termes woke ou wokisme désignent plutôt une panique morale (Mahoudeau 2022), un concept fourre-tout, purement rhétorique, qui agit comme une arme de disqualification massive en agrégeant divers évènements, polémiques, politiques publiques et travaux universitaires, de manière à créer un phénomène unique consacrant leur inséparabilité. A la suite de ces critiques, l’article fait l’hypothèse que le caractère fourre-tout mais néanmoins unifiant et capable de créer une forme de réalité politique (qualifiée par exemple d’idéologie ou de religion) s’inscrit dans la suite des réalités créées par les alternative facts, dans un contexte global de post-vérité. En effet, la post-vérité n’a pas pour objet l’interprétation d’un fait, mais la réalité du fait lui-même. Elle conduit à l’indifférence à la vérité, qui conduit au révisionnisme, et non au relativisme. L’anti-wokisme permet dès lors de nier la pertinence et la scientificité des travaux des SHS dont il estime le caractère militant (gender studies, decolonial studies, environmental humanities) en les disqualifiant, et cela de deux manières ; d’une part, en leur fabriquant un visage idéologique et tyrannique, et d’autre part, en établissant une critique du (soi-disant) wokisme, au détriment des méthodologies et épistémologies des sciences humaines et sociales, en les frelatant et en instaurant, par conséquence, une logique de faussaire.

Affiche séminaire CCE, 6ème séance